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Rénover une salle de bain : ordre des travaux, étanchéité et points de contrôle

Editeur Senpages7 novembre 20261 min de lecture
Rénover une salle de bain : ordre des travaux, étanchéité et points de contrôle

Dépose, plomberie, électricité, étanchéité, pente de douche, carrelage : l'ordre des travaux et ce qu'il faut vérifier avant que tout soit recouvert.

Dans une salle de bain, presque tout ce qui compte finit caché : tuyaux dans les murs, gaines électriques, couche d'étanchéité sous le carrelage. Une erreur à ces étapes se découvre des mois plus tard, par une tache d'humidité chez le voisin du dessous ou un joint qui noircit. L'ordre des travaux et quelques contrôles au bon moment évitent l'essentiel de ces mauvaises surprises.

La réponse pratique. Suivez l'ordre suivant : plan et diagnostic, dépose, réseaux de plomberie et d'électricité, chape et pentes, étanchéité, carrelage, puis pose des appareils et ventilation. Avant chaque étape qui recouvre la précédente, vérifiez le travail et photographiez-le : c'est votre seule occasion de le faire.

Avant de casser : le plan et le diagnostic

Commencez par comprendre l'état de la pièce. Des traces d'humidité en bas des murs ou des cloques sous la peinture peuvent venir d'une fuite, mais aussi d'une remontée par le sol ou d'une infiltration depuis l'extérieur : notre article sur l'humidité dans les murs aide à faire la différence. Rénover sans traiter la cause revient à carreler par-dessus le problème.

Fixez ensuite le plan : emplacement de la douche ou de la baignoire, du lavabo, des WC, du chauffe-eau, des prises et des points lumineux.

Déplacer un WC ou créer une douche de plain-pied (sans marche, dite « à l'italienne ») impose de vérifier qu'on peut donner une pente suffisante aux évacuations et au sol. Décidez aussi qui coordonne le chantier : un entrepreneur unique, ou vous-même avec plusieurs artisans.

Les étapes dans l'ordre

  1. Dépose : retrait des appareils, du carrelage et des anciens tuyaux, avec coupure de l'eau et de l'électricité de la pièce.
  2. Plomberie brute : alimentations, évacuations, attentes pour chaque appareil, puis essai d'étanchéité des réseaux.
  3. Électricité : gaines, boîtiers, circuit protégé, liaison équipotentielle.
  4. Chape et formes de pente : sol dressé, pentes vers le siphon de douche.
  5. Étanchéité : système liquide ou natte au sol et sur les parois exposées, avec relevés.
  6. Carrelage et faïence : pose, joints, traitement des angles.
  7. Finitions : appareils sanitaires, robinetterie, joints souples, luminaires, ventilation.

Plomberie : tester avant de refermer

Le choix des tuyaux d'alimentation (PVC pression, PPR, multicouche) a des conséquences sur la durée de vie et la facilité de réparation : nous le détaillons dans notre comparatif des tuyaux de plomberie. Quel que soit le matériau, demandez au plombier une mise en pression du réseau avant que les saignées ne soient rebouchées, et vérifiez avec lui qu'aucun raccord ne suinte.

Côté évacuations, une pente régulière vers la colonne évite les bouchons et les odeurs. Pour une douche de plain-pied, l'Agence qualité construction (AQC), un organisme français de prévention des désordres du bâtiment, insiste dans sa fiche sur les dégradations des douches carrelées sur un siphon spécifique, muni d'une platine qui permet de raccorder l'étanchéité. Un siphon ordinaire noyé dans la chape est l'une des causes classiques d'infiltration.

Électricité : des zones de sécurité autour de l'eau

Au Sénégal, la norme NS 01-001 sur les installations électriques à basse tension est d'application obligatoire, selon la fiche de l'Association sénégalaise de normalisation. Pour la salle de bain, les électriciens raisonnent en volumes autour des points d'eau, un découpage décrit en détail par la norme française NF C 15-100 et résumé par ce guide d'EDF :

  • Volume 0 : l'intérieur de la baignoire ou du receveur. Aucun appareil électrique, sauf équipement spécifique prévu pour cet usage.
  • Volume 1 : au-dessus, jusqu'à 2,25 m de hauteur, ou 1,20 m autour du point de chute de l'eau pour une douche sans receveur. Seuls l'éclairage et les commandes en très basse tension de sécurité (12 V) et un chauffe-eau adapté y sont admis.
  • Volume 2 : une bande de 60 cm autour du volume 1, où sont tolérés notamment certains luminaires et radiateurs de classe II et la prise rasoir.
  • Hors volume : prises et appareils courants, protégés par un dispositif différentiel 30 mA.

Les masses métalliques et canalisations de la pièce doivent aussi être reliées entre elles et à la terre par une liaison équipotentielle. Confiez ce travail à un électricien qualifié et demandez-lui de vous montrer, avant fermeture, le circuit dédié et sa protection au tableau.

Étanchéité sous carrelage : l'étape la plus souvent ratée

Le carrelage et ses joints ne sont pas étanches : l'eau finit toujours par passer dessous. La fiche de l'AQC distingue deux familles de produits. Le SPEC (système de protection à l'eau sous carrelage) protège surtout les murs, sans constituer une véritable étanchéité.

Le SEL (système d'étanchéité liquide) et les nattes d'étanchéité assurent cette fonction, en particulier au sol de la douche. Les schémas de la fiche retiennent notamment :

  • une pente du support supérieure à 1 % et une pente du carrelage supérieure à 2 % vers le siphon ;
  • un relevé d'étanchéité d'au moins 10 cm au-dessus du sol fini, tout autour de la zone de douche ;
  • à défaut de relevé possible, une étanchéité prolongée d'au moins 1 m au sol hors de la douche ;
  • des renforts dans les angles, autour des sorties de robinetterie et au raccord du siphon.

Ces valeurs viennent du cadre technique français et la notice du produit choisi peut en fixer d'autres : c'est elle qui fait foi. Exigez de voir l'étanchéité terminée et sèche avant la pose du carrelage, et photographiez les angles et le siphon.

Carrelage, joints et ventilation

Au sol, choisissez un carrelage antidérapant adapté aux pieds mouillés, surtout dans la douche : les critères sont expliqués dans notre article carrelage intérieur ou extérieur. Les angles entre murs, entre mur et receveur et autour de la baignoire se traitent avec un joint souple de type silicone sanitaire, pas avec du ciment-joint qui fissure.

Enfin, l'humidité doit sortir. Une fenêtre ouvrante ou un extracteur d'air raccordé vers l'extérieur limite la condensation et les moisissures, fréquentes pendant l'hivernage quand l'air est déjà chargé d'humidité. Un extracteur relié à l'éclairage ou à une minuterie fonctionne mieux qu'un appareil qu'on oublie d'allumer.

Coordonner les artisans : la liste des points de contrôle

Plombier, électricien et carreleur interviennent tour à tour, et chacun recouvre le travail du précédent. L'AQC recommande de concevoir la douche en amont et de coordonner au minimum le plombier et le carreleur. Avant chaque passage de relais, vérifiez :

  • après la plomberie : essai sous pression réalisé, attentes à la bonne hauteur, siphon adapté à l'étanchéité prévue ;
  • après l'électricité : appareils hors des volumes interdits, circuit protégé par un différentiel 30 mA, liaison équipotentielle faite ;
  • après la chape : pente visible vers le siphon, sans creux où l'eau stagne ;
  • après l'étanchéité : relevés continus, angles renforcés, aucun trou ;
  • à la réception : écoulement de la douche testé, joints souples continus, ventilation en état de marche.

Les fournisseurs d'appareils sanitaires et de robinetterie sont référencés dans la rubrique sanitaires de l'annuaire. Demandez des devis qui détaillent le système d'étanchéité prévu, la marque du siphon et le type de carrelage : deux devis au même prix peuvent cacher des niveaux de protection très différents.

Une salle de bain bien rénovée se joue moins sur le choix de la faïence que sur ce qu'on ne voit plus une fois le chantier fini. Prenez le temps de contrôler chaque étape cachée : c'est là que se décide la durée de vie de la pièce.

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