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Humidité dans les murs : reconnaître les remontées et les infiltrations

Editeur Senpages6 novembre 20261 min de lecture
Humidité dans les murs : reconnaître les remontées et les infiltrations

Taches au bas des murs, peinture qui cloque, salpêtre : comment identifier la source d'humidité avant de choisir une solution.

Peinture qui cloque au bas du mur, auréoles au plafond après une pluie, odeur de moisi dans une chambre fermée : l'humidité dans les murs prend plusieurs formes. Avant d'acheter un produit ou de refaire un enduit, propriétaires et locataires ont intérêt à identifier d'où vient l'eau, car chaque cause a son traitement.

La réponse pratique. Regardez où se trouve la tache et quand elle apparaît. Humidité en bas des murs toute l'année, avec dépôts blancs : remontées capillaires probables. Taches qui apparaissent ou grossissent après la pluie : infiltration. Moisissures dans les angles, buée sur les vitres, surtout dans la cuisine ou la salle de bain : condensation. Le traitement durable vient toujours après ce diagnostic.

Étape 1 : observer la tache

Elle part du sol

Les remontées capillaires sont de l'eau du sol qui monte dans les matériaux poreux, comme dans une mèche. L'assureur MAIF décrit les signes typiques : dégradation par le bas des murs, joints friables, enduit qui sonne creux et se décolle, cloques sous la peinture, auréoles blanchâtres de salpêtre. Selon la même source, l'humidité peut monter parfois jusqu'à 1,5 m de hauteur ou plus.

Elle suit la pluie

Une infiltration se manifeste après les averses : auréole au plafond sous une terrasse, trace sous une fenêtre, mur froid et humide côté façade exposée. La zone touchée dépend de l'origine : toiture-terrasse, acrotère, fissure de façade, appui de fenêtre, ou encore canalisation encastrée qui fuit, auquel cas la tache ne dépend plus de la météo.

Elle apparaît dans les pièces fermées

La condensation se forme quand la vapeur d'eau produite par la cuisine, les douches, le séchage du linge ou la respiration rencontre une surface plus froide, par exemple un mur climatisé ou un plafond sous dalle. Elle donne des moisissures noires dans les angles, derrière les armoires et autour des fenêtres.

Étape 2 : faire trois tests simples

  1. Le test de la feuille d'aluminium : scotchez un carré d'aluminium sur le mur humide et laissez-le deux ou trois jours. Gouttelettes sur la face visible : condensation dans la pièce. Humidité côté mur : l'eau vient de l'intérieur de la maçonnerie.
  2. Le relevé après pluie : photographiez les taches avant et après une averse. Une tache qui s'agrandit pointe vers une infiltration.
  3. Le contrôle des compteurs : fermez tous les robinets et observez le compteur d'eau. S'il tourne, une fuite est probable.

Le cas du sel

Le sel joue un rôle souvent sous-estimé. Les sels présents dans la maçonnerie attirent l'humidité de l'air et la retiennent, si bien qu'un mur peut rester humide même par temps sec. Ils remontent aussi en surface en s'évaporant, ce qui fait gonfler et tomber l'enduit en poudre.

Dans les zones côtières, les embruns marins apportent du sel sur les façades. Le sable utilisé pour le mortier compte aussi : un article de Travaux Publics Sans Frontières publié sur Carenews rappelle que les plages du pays ont longtemps servi de carrières, et cite l'exposition à l'eau salée et la corrosion des armatures parmi les facteurs qui réduisent la durabilité du béton. Un sable marin non lavé introduit du sel dans le mur dès la construction.

Exemple fictif : dans une villa proche du littoral, l'enduit du rez-de-chaussée s'effrite chaque année malgré deux couches de peinture neuve. Le problème vient du sel contenu dans la maçonnerie, que la peinture enferme sans le neutraliser.

Étape 3 : agir selon la cause

Condensation : ventiler d'abord

  • Ouvrir les fenêtres chaque jour, même brièvement, y compris dans les pièces climatisées.
  • Installer ou nettoyer les extracteurs de la cuisine et de la salle de bain.
  • Laisser quelques centimètres entre les meubles et les murs.
  • Éviter de sécher le linge dans une chambre fermée.

Infiltration : supprimer l'entrée d'eau

Il faut traiter la cause avant de refaire l'intérieur : reprise de l'étanchéité de la terrasse, des relevés et des évacuations, traitement des fissures de façade, joints de menuiseries. Avant les pluies, l'article sur l'étanchéité de toit-terrasse avant l'hivernage détaille les points à vérifier. Pour les travaux, adressez-vous à des entreprises d'étanchéité.

Remontées capillaires : un chantier de spécialiste

Selon la MAIF, les solutions courantes sont l'injection d'un produit qui crée une barrière étanche à la base du mur, le drainage autour de la maison et les enduits d'assainissement à la chaux, qui laissent l'eau s'évaporer et retiennent les sels. L'assèchement peut prendre plusieurs mois selon l'épaisseur des murs. Le choix dépend de la construction et doit faire suite à un diagnostic.

Les erreurs qui aggravent le problème

  • Recouvrir un mur humide d'une peinture ou d'un enduit étanche : l'eau est piégée et remonte plus haut.
  • Carreler le bas des murs pour cacher les dégâts.
  • Acheter un traitement anti-humidité sans connaître la cause.
  • Gratter le salpêtre sans traiter l'origine : il reviendra.

Propriétaire ou locataire : qui fait quoi ?

Le locataire peut agir sur la condensation par l'aération et doit signaler rapidement par écrit toute infiltration ou fuite au propriétaire, photos datées à l'appui. Les travaux sur la structure, l'étanchéité ou les remontées capillaires relèvent en principe du propriétaire ; en cas de désaccord, le contrat de bail et un professionnel du droit restent les références. Pour trouver un diagnostiqueur, un maçon ou un étancheur, consultez la rubrique immobilier et construction de l'annuaire.

En résumé

Localisez la tache, notez quand elle apparaît, faites les tests simples, puis traitez la cause : ventilation pour la condensation, étanchéité pour l'infiltration, traitement spécialisé pour les remontées. Repeindre ne vient qu'à la fin.

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