Salon de coiffure ou barbier : les règles d'hygiène à observer

Outils, lames, serviettes, produits, aération : les gestes d'hygiène qu'un client peut observer en quelques minutes chez le coiffeur ou le barbier.
Une tondeuse passe sur une dizaine de nuques dans la journée, le même peigne démêle plusieurs têtes, une lame de rasoir s'approche de la peau. Dans un salon de coiffure ou chez un barbier, l'hygiène ne se lit pas sur l'enseigne : elle se voit dans les gestes répétés entre deux clients.
La réponse pratique. Un salon soigneux retire les cheveux, nettoie puis désinfecte peignes, ciseaux et lames de tondeuse après chaque client, utilise une lame neuve pour chaque rasage et la jette aussitôt, sort une serviette propre par personne et garde un espace aéré et rangé. Tout cela s'observe en quelques minutes, avant même de s'asseoir.
Pourquoi ces gestes comptent
Les outils de coiffure touchent le cuir chevelu, la nuque, parfois une petite coupure invisible à l'œil. Le guide de la Ville de Toronto intitulé Coiffure — Pratiques de prévention et de contrôle des infections décrit une logique simple : retirer les poils, nettoyer, puis désinfecter, avec un produit plus puissant dès qu'un outil a touché une peau abîmée. Les références de produits citées dans ce guide sont canadiennes, mais la méthode vaut partout. Ce qui suit est une checklist d'observation pour le client ; elle ne remplace ni la réglementation applicable aux salons ni l'avis d'un professionnel de santé.
La checklist, poste par poste
1. Peignes, brosses et pinces
- Les cheveux sont retirés des peignes et brosses avant leur réutilisation.
- Les peignes sont lavés à l'eau savonneuse, séchés, puis plongés dans une solution désinfectante.
- Le salon distingue clairement les outils propres (boîte fermée, tiroir, armoire) de ceux qui viennent de servir.
- La solution désinfectante a l'air fraîche : le guide de Toronto demande de la préparer chaque jour ou selon les indications du fabricant. Un bac d'eau trouble rempli de cheveux est un mauvais signe.
2. Ciseaux et tondeuse
- Entre deux clients, le coiffeur brosse les lames de la tondeuse puis applique un désinfectant (spray ou liquide prévu pour cet usage).
- Les ciseaux sont essuyés et désinfectés, pas simplement soufflés.
- Si la tondeuse a provoqué une écorchure, l'outil doit être désinfecté avec un produit de niveau supérieur ; le guide cite par exemple l'alcool isopropylique à 70 %.
3. Rasage et lames
C'est le point le plus sensible, surtout chez le barbier pour le contour de la barbe ou de la nuque.
- Une lame neuve est sortie de son emballage devant vous, pour vous seul.
- La lame usagée est jetée immédiatement dans un contenant rigide réservé aux objets tranchants, jamais laissée sur le plan de travail ni dans la poubelle ordinaire.
- Le manche du rasoir est nettoyé et désinfecté entre deux clients.
- Pour arrêter un petit saignement, le bâton ou crayon hémostatique passé d'un client à l'autre est à éviter : le guide de Toronto l'interdit et admet seulement une poudre ou un liquide appliqué avec un applicateur jetable.
N'hésitez pas à demander : « Vous changez la lame ? » Un barbier attentif ne s'en offusque pas.
4. Serviettes, capes et appuie-tête
- Une serviette propre et sèche pour chaque client, sortie d'une pile rangée à l'abri.
- Les serviettes utilisées partent dans un bac fermé, séparé du linge propre.
- Une bande de papier ou une serviette propre entre la cape et votre cou, pour que la cape ne touche pas directement la peau.
- Le fauteuil et l'appuie-tête du bac à shampoing sont débarrassés des cheveux du client précédent.
5. Produits
- Les crèmes, gels et défrisants sont prélevés à la spatule ou dans un pot intermédiaire, et non avec les doigts directement dans le grand pot.
- Les flacons sont fermés et étiquetés ; pas de produit transvasé dans une bouteille sans nom.
- Pour les produits chimiques (défrisage, coloration), le professionnel suit le mode d'emploi du fabricant et porte des gants.
6. Mains et poste de travail
- Le coiffeur se lave les mains ou utilise une solution hydroalcoolique avant de commencer.
- Les cheveux coupés sont balayés régulièrement, pas seulement en fin de journée.
- Le plan de travail est dégagé : pas d'outils sales mélangés aux propres.
7. Aération
Les défrisants, colorations et laques dégagent des vapeurs. Un salon fermé, sans fenêtre ouverte ni ventilation, devient vite étouffant, pour les clients comme pour le personnel qui y passe la journée. Une porte ou une fenêtre ouverte, un extracteur ou un ventilateur qui renouvelle l'air sont des signes de bon sens.
Les signaux qui doivent faire réfléchir
- La même lame sert à plusieurs clients.
- La serviette posée sur vos épaules est humide ou sent le précédent passage.
- Le peigne sort directement de la poche du coiffeur.
- Aucun produit désinfectant n'est visible au poste.
Dans ces cas, vous pouvez demander poliment une lame neuve ou une serviette propre, ou choisir un autre salon. Si vous avez votre propre tondeuse ou votre peigne, certains barbiers acceptent de les utiliser.
Pour les professionnels du secteur
Si vous tenez un salon, afficher simplement la routine (désinfection entre chaque client, lames à usage unique) rassure la clientèle. Votre fiche dans l'annuaire des salons de coiffure et barbiers peut aussi mentionner ces pratiques. Pour les soins spécifiques, consultez aussi les rubriques cheveux naturels et santé et bien-être.
En résumé
Un bon salon se reconnaît moins à sa décoration qu'à quelques gestes : outils nettoyés puis désinfectés, lame neuve à chaque rasage, serviette propre, produits bien tenus et air renouvelé. Prenez deux minutes pour observer avant de vous installer, et posez la question si un doute subsiste.


