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Logo et charte graphique : bien travailler avec un graphiste pour son entreprise

Editeur Senpages7 novembre 20261 min de lecture
Logo et charte graphique : bien travailler avec un graphiste pour son entreprise

Brief, fichiers vectoriels, couleurs, polices, cession des droits d'auteur et dépôt à l'OAPI : ce qu'il faut demander à un graphiste pour son logo.

Un logo fait sur un coin de table plaît au démarrage, puis les problèmes arrivent : l'imprimeur réclame un fichier « vectoriel » introuvable, l'enseigne lumineuse rend des couleurs différentes de la page Facebook, et le graphiste a disparu avec les sources. Ces difficultés se règlent presque toutes au moment de la commande.

La réponse pratique. Pour créer un logo d'entreprise avec un graphiste, préparez un brief précis, fixez par écrit le nombre de propositions et de révisions, exigez des fichiers vectoriels (AI, SVG, PDF) avec toutes les déclinaisons et les références de couleurs, vérifiez les licences des polices, et faites signer une cession des droits d'auteur. Si le nom et le logo sont importants pour votre activité, déposez ensuite la marque à l'OAPI.

Logo, identité visuelle, charte graphique : de quoi parle-t-on ?

  • Le logo est le signe qui identifie l'entreprise : un symbole, un nom stylisé ou les deux.
  • L'identité visuelle comprend le logo, les couleurs, les polices et le style des images.
  • La charte graphique est le document qui fixe les règles d'utilisation : tailles minimales, espaces de protection autour du logo, couleurs autorisées, usages interdits, exemples sur carte de visite, véhicule ou réseaux sociaux.

Une jeune entreprise peut commencer par un logo et une mini-charte de quelques pages, puis l'enrichir.

Préparer le brief

Le brief est la base du devis et du travail. Plus il est clair, moins il y aura d'allers-retours. Il précise :

  • le nom exact, l'activité et les valeurs de l'entreprise ;
  • la clientèle visée : particuliers à Dakar, entreprises, export, diaspora ;
  • les concurrents et ce qui doit vous en distinguer ;
  • les supports prévus : enseigne, véhicules, tenues, emballages, site, réseaux sociaux, tampon ;
  • les contraintes : lisibilité en petit sur un téléphone, impression en une seule couleur, broderie sur polo ;
  • quelques logos que vous aimez et que vous n'aimez pas, en expliquant pourquoi ;
  • le budget et la date limite.

Évitez de demander « quelque chose comme le logo de telle marque » : un logo trop proche d'un signe existant expose à des litiges et rend le dépôt de marque fragile.

Fixer le cadre : propositions, révisions, calendrier

Un devis clair indique :

  1. le nombre de pistes créatives présentées au départ (souvent deux ou trois) ;
  2. le nombre de séries de corrections incluses, et le prix des corrections supplémentaires ;
  3. les étapes et les délais de réponse de chaque côté ;
  4. la liste précise des fichiers livrés ;
  5. les conditions de paiement, par exemple un acompte puis le solde à la livraison des fichiers.

Pour juger une proposition, imprimez-la en petit, regardez-la en noir et blanc et sur l'écran d'un téléphone. Montrez-la à quelques clients plutôt qu'à toute la famille.

Les fichiers à exiger à la livraison

Les formats

  • Vectoriel (AI, SVG, EPS ou PDF vectoriel) : le logo est dessiné avec des formes mathématiques et peut être agrandi sans perte, d'une carte de visite à une façade. C'est le format que réclament imprimeurs, sérigraphes et fabricants d'enseignes.
  • Images (PNG avec fond transparent, JPG) : pour le web, les documents bureautiques et les réseaux sociaux, en plusieurs tailles.
  • Le fichier source du logiciel utilisé, si le contrat le prévoit.

Les déclinaisons

Demandez au minimum : version couleur, version noire, version blanche (pour fonds sombres), version horizontale et verticale, symbole seul pour les avatars et l'icône du site.

Les couleurs

Chaque couleur doit être définie en plusieurs systèmes :

  • CMJN (cyan, magenta, jaune, noir) pour l'impression ;
  • RVB et code hexadécimal (#…) pour les écrans ;
  • éventuellement une référence Pantone pour obtenir une teinte constante chez différents imprimeurs.

Ces références évitent qu'un même vert devienne kaki sur le flyer et fluo sur la banderole. Nos guides pour préparer des flyers et cartes de visite et des banderoles, kakémonos et roll-up détaillent ensuite le passage chez l'imprimeur.

Les polices de caractères

Une police est un logiciel protégé, soumis à une licence.

Demandez au graphiste le nom des polices utilisées et le type de licence : certaines sont gratuites pour un usage commercial (polices sous licence libre), d'autres doivent être achetées par l'entreprise, notamment pour le site web ou les applications.

Pour le logo lui-même, le texte est souvent vectorisé, mais vous aurez besoin des polices pour vos documents et votre communication.

Les droits d'auteur : ne pas oublier la cession

Payer la création ne suffit pas toujours à en devenir propriétaire. La loi n° 2008-09 sur le droit d'auteur et les droits voisins prévoit notamment que :

  • le contrat de commande ne prive pas, à lui seul, l'auteur de ses droits (article 21) ;
  • acquérir le support matériel n'emporte pas, à lui seul, les droits patrimoniaux (article 22) ;
  • une cession se prouve par écrit (article 62) et chaque droit cédé doit faire l'objet d'une mention distincte, délimitée quant à son étendue, sa destination, le lieu et la durée (article 63) ;
  • l'article 60 précise que ces règles de cession ne s'appliquent pas au contrat de commande lui-même.

Par prudence, ne vous contentez donc pas du devis : signez avec le graphiste un acte de cession séparé qui énumère les droits (reproduction, représentation, adaptation, modification), les supports, le territoire et la durée.

Faites aussi confirmer par le graphiste que la création est originale et ne reprend pas d'éléments de banques d'images sans licence adaptée. Pour un projet important, un conseil en propriété intellectuelle peut relire le document.

Protéger la marque : le dépôt à l'OAPI

Le droit d'auteur protège le dessin, mais c'est le dépôt de marque qui protège l'usage du nom et du logo dans le commerce. Le Sénégal est membre de l'Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI). Selon la fiche OAPI de l'INPI (février 2025) :

  • un seul dépôt protège la marque dans les 17 États membres ;
  • la protection dure 10 ans à compter du dépôt et se renouvelle indéfiniment ;
  • le dépôt peut se faire au siège de l'OAPI à Yaoundé ou auprès de la structure nationale de liaison ;
  • les tiers disposent de 3 mois après la publication pour former opposition ;
  • la taxe de base couvre une seule classe de produits ou services, chaque classe supplémentaire étant payante.

Au Sénégal, la structure nationale de liaison est l'Agence sénégalaise pour la propriété industrielle et l'innovation technologique (ASPIT), d'après la liste des structures nationales de liaison de l'OAPI. Avant de valider définitivement le logo, faites vérifier qu'aucune marque identique ou proche n'est déjà enregistrée dans votre secteur. Les montants des taxes évoluent : vérifiez-les auprès de l'OAPI ou de l'ASPIT au moment du dépôt.

Le logo s'inscrit dans les étapes de création décrites dans notre dossier Créer son entreprise, idéalement une fois le nom définitivement arrêté.

En résumé

Un bon logo n'est pas seulement une question de goût : c'est un ensemble de fichiers exploitables, de règles d'usage et de droits clairement transférés. Pour comparer des profils et des portfolios, consultez la rubrique Graphiste de l'annuaire et demandez au moins deux devis détaillés.

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