Flyers et cartes de visite : préparer un fichier prêt pour l'imprimeur

Couleurs, résolution, fond perdu, marges, polices, export PDF et BAT : les réglages à vérifier avant d'envoyer vos flyers et cartes de visite à l'imprimeur.
Un logo coupé au ras du bord, un fond qui laisse un liseré blanc, un rouge devenu terne : la plupart des déceptions à la livraison d'un lot de flyers ou de cartes de visite viennent du fichier, pas de la machine.
Une association qui imprime ses tracts pour une journée de collecte, une PME qui renouvelle ses cartes après un changement de numéro : dans les deux cas, quelques réglages faits au bon moment évitent un retirage.
La réponse pratique. Travaillez au format fini en CMJN, avec des images à 300 dpi à la taille réelle, ajoutez 3 mm de fond perdu de chaque côté, gardez textes et logos à au moins 3 mm à l'intérieur du trait de coupe, puis exportez un PDF haute définition avec les polices incorporées. Demandez ensuite à l'imprimeur ses propres consignes et un BAT avant le lancement.
Avant d'ouvrir le logiciel : demander le gabarit
Chaque imprimeur a ses habitudes : format exact de la carte (85 x 55 mm est courant, mais pas universel), taille du fond perdu, profil couleur, papier, finition. Beaucoup fournissent un gabarit ou une fiche technique. Récupérez-la avant de commencer : c'est elle qui fait foi, pas un tutoriel générique. Si vous passez par un professionnel du graphisme, transmettez-lui directement ces consignes. L'annuaire liste des graphistes et des entreprises de communication, presse et édition qui assurent ce type de préparation.
Les six réglages qui comptent
1. CMJN plutôt que RVB
Un écran affiche les couleurs en RVB (rouge, vert, bleu : de la lumière). Une presse dépose de l'encre en CMJN (cyan, magenta, jaune, noir). Certaines teintes vives visibles à l'écran, notamment des verts et des bleus électriques, ne sont pas reproductibles en quadrichromie. Convertir soi-même en CMJN avant l'envoi permet de voir le rendu probable et d'ajuster, au lieu de découvrir le changement sur papier. Pour un texte noir, utilisez un noir pur (C 0, M 0, J 0, N 100), comme le recommande ce guide de préparation des petits formats : un petit texte composé des quatre encres risque d'apparaître flou si les couleurs se superposent mal.
2. 300 dpi à la taille d'impression
Le dpi (points par pouce) mesure la finesse d'une image une fois imprimée. Pour un flyer ou une carte, la référence courante est 300 dpi à la taille réelle.
Une photo récupérée sur un réseau social ou un site web est souvent trop légère : l'agrandir dans le logiciel ne crée pas de détail, elle reste pixellisée. Pour le logo, préférez un fichier vectoriel (AI, EPS, SVG ou PDF vectoriel), qui reste net à toutes les tailles.
3. Le fond perdu
Le massicot, la machine qui coupe les feuilles, n'est jamais précis au dixième de millimètre. Si votre fond de couleur s'arrête exactement au bord, un filet blanc peut apparaître. La solution : prolonger fonds et images de 3 mm au-delà du format fini sur les quatre côtés. Le guide PAO du service Repro de l'EPFL retient cette valeur de 3 mm, avec des traits de coupe ajoutés à l'export. Une carte de 85 x 55 mm devient donc un fichier de 91 x 61 mm.
4. La marge de sécurité
C'est le symétrique du fond perdu, vers l'intérieur. Gardez numéro de téléphone, adresse, logo et QR code à au moins 3 mm du bord fini. Sur une carte de visite, où l'espace est compté, la tentation est forte de coller les infos au bord : c'est justement là qu'une coupe légèrement décalée fait le plus de dégâts.
5. Les polices
Si l'imprimeur ouvre un fichier avec une police qu'il ne possède pas, son logiciel la remplace par une autre et la mise en page bouge. Un PDF exporté correctement incorpore les polices.
Si vous envoyez un fichier natif, vectorisez les textes (transformation en formes) ou joignez les fichiers de polices, en gardant une copie modifiable de votre côté pour les corrections.
Évitez aussi les corps de texte très petits et les filets très fins : demandez à l'imprimeur les minimums qu'il conseille.
6. Un PDF d'impression
Le PDF reste le format le plus sûr pour l'échange.
Dans les logiciels de mise en page, choisissez un préréglage d'impression (de type PDF/X, une famille de normes conçue pour l'impression) plutôt qu'un export « pour le web », cochez l'option fonds perdus et traits de coupe, et n'utilisez pas de compression d'image agressive.
Un export depuis un outil de traitement de texte ou une application en ligne peut convenir, à condition de vérifier qu'il conserve la résolution et permet le fond perdu.
Le BAT : la dernière barrière
Le BAT (bon à tirer) est l'épreuve que l'imprimeur vous soumet avant de lancer la production. En le signant, vous validez le contenu : une faute laissée sur le BAT est en général à la charge du client. Relisez-le à froid, idéalement à deux, en vérifiant point par point :
- numéros de téléphone et WhatsApp, chiffre par chiffre ;
- adresse e-mail, site web et noms de comptes de réseaux sociaux ;
- QR code, à scanner avec deux téléphones différents ;
- dates, horaires et lieu pour un flyer d'événement ;
- recto et verso dans le bon sens, quantité, papier et finition (mat, brillant, pelliculage).
Un BAT numérique (PDF) ne montre pas fidèlement les couleurs, puisqu'il est vu sur un écran. Si la couleur de votre logo est importante, demandez si une épreuve papier est possible et à quel coût.
Exemple fictif : la carte d'un traiteur
Exemple fictif : une traiteuse conçoit sa carte sur une application mobile, avec un fond orange jusqu'au bord et son numéro à 1 mm de la coupe. L'imprimeur lui renvoie le fichier : pas de fond perdu, photo du plat à 72 dpi.
Elle recrée le document à 91 x 61 mm, rapproche le numéro du centre, remplace la photo par l'original pris au téléphone, exporte en PDF haute qualité. Le BAT révèle encore un chiffre inversé dans le numéro WhatsApp, corrigé avant tirage.
Sans cette relecture, 500 cartes partaient avec un contact erroné.
Questions fréquentes
Puis-je envoyer un fichier JPEG ?
Certains imprimeurs l'acceptent, mais les textes y sont transformés en pixels et le fond perdu est souvent oublié. Le PDF reste préférable ; à défaut, un JPEG en qualité maximale, à 300 dpi et avec le fond perdu inclus.
Qui est responsable si le résultat déçoit ?
Cela dépend des conditions de l'imprimeur et de ce que vous avez validé au BAT. Clarifiez avant la commande s'il vérifie techniquement les fichiers (contrôle prépresse) et ce qui se passe en cas de défaut. Pour une campagne plus large, une agence de marketing et communication peut piloter création et suivi d'impression.
En résumé : gabarit de l'imprimeur, CMJN, 300 dpi, 3 mm de fond perdu, 3 mm de marge, polices incorporées, PDF d'impression, BAT relu à deux. Gardez ensuite le fichier source et le PDF validé : la prochaine commande prendra quelques minutes.