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Sécuriser les ordinateurs d'une petite entreprise : mises à jour, antivirus et comptes

Editeur Senpages7 novembre 20261 min de lecture
Sécuriser les ordinateurs d'une petite entreprise : mises à jour, antivirus et comptes

Mises à jour, antivirus intégré, comptes séparés, mots de passe, Wi-Fi invité, hameçonnage : les mesures de base pour protéger les postes d'une TPE.

Un poste de caisse qui affiche soudain une demande de rançon, un comptable qui clique sur une fausse facture reçue par e-mail, un ancien stagiaire qui a toujours le mot de passe de la messagerie : dans une petite structure, la plupart des incidents informatiques partent d'un détail négligé, pas d'une attaque sophistiquée.

La réponse pratique. Six mesures couvrent l'essentiel : installer les mises à jour dès leur sortie, garder un antivirus actif et à jour (celui intégré à Windows suffit pour beaucoup de TPE), donner à chaque salarié un compte sans droits d'administrateur, imposer des mots de passe uniques avec double authentification, séparer le Wi-Fi des visiteurs de celui de l'entreprise et apprendre à l'équipe à repérer l'hameçonnage. Ces mesures, reprises du guide « La cybersécurité pour les TPE/PME en 13 questions » de l'ANSSI, coûtent surtout du temps et de la rigueur.

1. Les mises à jour : la mesure la plus rentable

Une mise à jour de sécurité corrige une faille déjà connue des pirates. Tant qu'elle n'est pas installée, la porte reste ouverte. L'ANSSI recommande d'appliquer les correctifs du système et de tous les logiciels dès leur publication, d'activer les mises à jour automatiques et de remplacer le matériel ou les logiciels que l'éditeur ne suit plus.

  • Windows, navigateurs, suite bureautique, logiciel de comptabilité ou de caisse : tout doit être concerné, pas seulement le système.
  • Vérifiez les versions : le support de Windows 10 a pris fin le 14 octobre 2025. Un poste qui tourne encore dessus ne reçoit plus de correctifs gratuits et doit être migré ou remplacé en priorité.
  • Planifiez les redémarrages en fin de journée : beaucoup de mises à jour restent en attente parce que personne n'éteint jamais le poste.
  • Si un prestataire gère votre parc, demandez-lui noir sur blanc qui installe les correctifs et à quelle fréquence.

2. L'antivirus : souvent déjà installé

Sur Windows, l'application Sécurité Windows intègre l'antivirus Microsoft Defender et le pare-feu. D'après la documentation Microsoft, Defender se désactive automatiquement si vous installez un autre antivirus, puis se réactive quand celui-ci est désinstallé. Inutile donc d'empiler deux produits : ils se gênent plus qu'ils ne se complètent.

Ce qui compte, c'est que la protection soit active, que ses signatures (la base qui permet de reconnaître les virus) se mettent à jour et qu'une analyse planifiée tourne régulièrement. Ouvrez Sécurité Windows sur chaque poste : un voyant orange ou rouge signale un problème à régler.

Un antivirus payant peut se justifier pour une console de gestion centralisée ou un filtrage web, mais une licence expirée protège moins bien que l'outil gratuit bien tenu.

3. Des comptes séparés pour chaque usage

Un compte administrateur peut installer des logiciels et modifier le système. Si un salarié navigue avec ce type de compte, un programme malveillant hérite des mêmes pouvoirs. L'ANSSI conseille :

  • un compte utilisateur standard, nominatif, pour chaque personne, y compris le gérant au quotidien ;
  • un compte administrateur distinct, utilisé seulement pour installer ou configurer, jamais pour lire ses e-mails ;
  • la suppression ou le blocage des accès le jour du départ d'un salarié, d'un stagiaire ou d'un prestataire : messagerie, logiciel de gestion, compte mobile money, réseaux sociaux de la boutique ;
  • la désactivation des comptes « invité » inutiles.

Exemple fictif : une quincaillerie de Thiès partage un seul poste et un seul mot de passe entre trois vendeurs. Le jour où une remise anormale apparaît dans la caisse, impossible de savoir qui l'a saisie. Trois comptes nominatifs auraient réglé la question.

4. Mots de passe et double authentification

Le guide de l'ANSSI fixe des repères simples : un mot de passe différent par service, au moins 9 caractères pour un service peu sensible et 15 pour un service critique (messagerie, banque, administration du site), un mélange de majuscules, minuscules, chiffres et caractères spéciaux, sans date de naissance ni nom de l'enfant.

Une phrase de passe longue est plus facile à retenir qu'une suite de symboles.

Un gestionnaire de mots de passe évite le carnet posé à côté du clavier. Surtout, activez la double authentification (un code reçu par application ou SMS en plus du mot de passe) partout où elle existe : messagerie professionnelle, banque en ligne, comptes Facebook et WhatsApp Business de l'entreprise, hébergeur du site. Si un compte est malgré tout piraté, notre article sur la récupération d'un compte WhatsApp ou Facebook piraté détaille les étapes.

5. Un Wi-Fi pour les visiteurs, un autre pour l'entreprise

Clients d'un restaurant, patients d'un cabinet, visiteurs d'un bureau : leurs téléphones n'ont aucune raison d'être sur le même réseau que l'ordinateur de comptabilité ou l'imprimante partagée. L'ANSSI recommande de cloisonner le réseau.

Concrètement, si votre box ou votre routeur propose un réseau invité, activez-le, donnez-lui un mot de passe distinct et changez-le de temps en temps. Changez aussi le mot de passe d'administration de la box, souvent laissé à sa valeur d'usine.

6. L'hameçonnage : le maillon humain

L'hameçonnage (phishing) consiste à pousser quelqu'un à cliquer sur un lien piégé ou à communiquer un code, par e-mail, SMS ou WhatsApp. Les scénarios courants : faux avis de livraison, faux message de la banque, faux « directeur » qui exige un virement urgent.

Avant d'ouvrir un message, posez trois questions : l'expéditeur est-il connu, le message était-il attendu, le lien correspond-il au sujet ? En cas de doute, vérifiez par un autre canal, par exemple un appel au numéro habituel du fournisseur.

Fixez une règle écrite : aucun paiement ni changement de coordonnées bancaires d'un fournisseur sans confirmation téléphonique. Et réagissez sans sanction quand un salarié signale une erreur : un clic avoué vite limite les dégâts.

Si l'incident arrive quand même

  1. Débranchez le poste touché du réseau (câble et Wi-Fi), sans l'éteindre ni l'effacer : il peut servir à l'enquête.
  2. Ne payez pas de rançon ; restaurez vos données à partir des sauvegardes.
  3. Notez l'heure, la personne concernée et ce qui s'est passé.
  4. Signalez les faits à la police : la Direction générale de la police nationale a lancé en février 2026 une plateforme de signalement des infractions cybercriminelles (signalementcyber.dgpn.sn), qui couvre notamment les intrusions et le piratage de comptes.

Aucune de ces étapes ne sert sans sauvegarde récente et testée. Si ce n'est pas encore en place, commencez par notre guide sur la règle de sauvegarde 3-2-1 pour une PME.

Par où commencer cette semaine

Faites l'inventaire de vos ordinateurs et de leurs versions de Windows, lancez les mises à jour en attente, vérifiez que Sécurité Windows est au vert, créez des comptes standard et activez la double authentification sur la messagerie. Pour un parc plus important ou un réseau à cloisonner, un prestataire informatique peut auditer l'installation : vous en trouverez dans le secteur technologie de l'information de l'annuaire.

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