Moutons de case : préparer l'abri et l'alimentation

Abri ventilé, eau propre, fourrage, concentrés introduits progressivement, sel et propreté : préparer l'accueil d'un mouton de case avant son arrivée.
Garder un ou deux béliers dans la cour, les nourrir quelques mois et les voir prendre de l'état avant la Tabaski ou une cérémonie familiale : le mouton de case fait partie du paysage des quartiers et des zones périurbaines. C'est pourtant un vrai petit élevage, avec ses exigences.
Un animal attaché en plein soleil, abreuvé à l'eau croupie et nourri de restes au hasard grossit mal et tombe plus facilement malade.
La réponse pratique. Avant l'arrivée de l'animal, préparez un abri ombragé, aéré mais protégé de la pluie et des courants d'air, avec un sol sec et facile à nettoyer. Prévoyez de l'eau propre en permanence, un fourrage de base (foin, fanes) toujours disponible, des aliments concentrés introduits progressivement, une source de sel et de minéraux, et un nettoyage quotidien. Prenez contact avec un vétérinaire dès l'achat pour les vaccins, le déparasitage et les soins : ce sont des actes à décider avec lui.
Ce que la recherche observe sur le mouton de case
Une étude conduite dans le Yatenga, au Burkina Faso, publiée en 2001 dans la revue Biotechnologie, Agronomie, Société et Environnement, décrit un système très proche de celui qu'on voit chez nous : des béliers non castrés achetés jeunes et engraissés plusieurs mois pour être vendus avant la Tabaski. Les auteurs notent des abris souvent sommaires, l'absence de pierre à lécher et de compléments minéraux, et des troubles digestifs surtout pendant les premiers mois. Ce sont précisément les points que l'on peut améliorer à la maison.
Avant l'arrivée : l'abri
Le mouton supporte mieux la chaleur sèche que l'humidité stagnante et l'ammoniac des litières sales. L'abri idéal combine donc ombre et aération. Un document de la FAO consacré à l'élevage intensif des ovins en climat chaud prévoit ainsi des ouvertures dans les unités d'engraissement pour mieux ventiler par temps chaud. Concrètement :
- un toit qui fait de l'ombre aux heures chaudes et protège des pluies d'hivernage ; une tôle nue très basse transforme l'abri en four ;
- des côtés partiellement ouverts pour que l'air circule, avec une protection contre le vent froid et la pluie battante ;
- un sol surélevé ou en légère pente, pour que l'urine et l'eau de pluie s'écoulent ;
- assez de place pour que l'animal se couche et se lève sans gêne ; un bélier attaché trop court, toujours au même endroit, finit dans ses déjections ;
- une mangeoire et un abreuvoir surélevés, que l'animal ne peut pas souiller avec ses pattes.
En ville, pensez aussi aux voisins : placez l'abri loin des fenêtres d'autrui, évacuez le fumier régulièrement et renseignez-vous sur les règles en vigueur dans votre commune ou votre immeuble.
Au quotidien : l'alimentation
L'eau d'abord
Un mouton qui manque d'eau mange moins et valorise mal sa ration. Gardez un récipient propre, à l'ombre, rempli en permanence, et videz-le pour le rincer chaque jour : une eau chaude, verdâtre ou pleine de foin n'est pas bue volontiers. Les besoins augmentent nettement pendant les journées chaudes et quand la ration est sèche.
Le fourrage, base de la ration
Le mouton est un ruminant : son estomac a besoin de fibres pour fonctionner. Foin, fanes d'arachide ou de niébé, pailles de céréales et fourrages verts constituent la base. Achetez un fourrage sec, sans moisissure ni odeur de rance, et stockez-le au sec, surélevé, à l'abri de la pluie.
Les sacs plastiques, cordes et déchets métalliques ne doivent jamais traîner à portée de l'animal : l'étude du Yatenga cite les corps étrangers parmi les risques sanitaires.
Les concentrés, avec mesure
Sons de mil ou de riz, tourteaux, graines et aliments bétail du commerce apportent l'énergie et les protéines qui font grossir. Ils se trouvent chez les marchands d'aliments et de céréales. Le piège est d'en donner trop, trop vite : un changement brutal de ration dérègle la digestion. Augmentez les quantités par petites étapes sur plusieurs jours, répartissez-les en au moins deux repas et gardez toujours du fourrage à disposition. Les aliments contenant de l'urée demandent une prudence particulière : la FAO décrit les cas d'intoxication liés à une consommation excessive ou mal répartie. N'en utilisez que sur conseil d'un technicien d'élevage ou d'un vétérinaire.
Le sel et les minéraux
Une pierre à lécher ou un bloc minéral destiné aux ovins, accroché à l'abri du soleil et de la pluie, couvre les besoins en sel et en oligo-éléments que la ration seule apporte mal. Choisissez un produit prévu pour les moutons : certains minéraux formulés pour d'autres espèces ne leur conviennent pas. Le vendeur ou le vétérinaire peut vous orienter.
Propreté et santé
Retirez les crottes et la litière mouillée chaque jour, renouvelez la litière sèche (paille, copeaux, sable) et nettoyez mangeoire et abreuvoir. Surveillez l'appétit, la rumination, l'aspect des crottes, la respiration et la démarche : un animal qui s'isole, ne mange plus ou a la diarrhée doit être vu rapidement.
Les vaccins, le déparasitage et tout traitement se décident avec un vétérinaire, qui connaît les maladies qui circulent localement et adapte produits et calendrier à votre animal. Ne réutilisez pas un médicament d'un autre élevage et ne vous fiez pas aux dosages entendus au marché. Vous pouvez trouver des professionnels dans la rubrique élevage, pêche et santé animale. Un animal qui vient d'un marché gagne à être gardé à l'écart des autres pendant quelques semaines, le temps de vérifier qu'il est en bonne santé.
Liste de préparation
- Abri ombragé, ventilé, sol sec et drainé.
- Abreuvoir et mangeoire surélevés, faciles à laver.
- Stock de fourrage sec à l'abri, et fournisseur de concentrés identifié.
- Pierre à lécher pour ovins.
- Numéro d'un vétérinaire et premier rendez-vous prévu après l'achat.
Exemple fictif : une famille de Rufisque achète un jeune bélier six mois avant la fête. Elle installe un abri sous un manguier, prolongé d'un auvent, nourrit l'animal au foin et aux fanes, ajoute progressivement du son et du tourteau, et fait passer le vétérinaire la première semaine. Le jour de la vente ou du sacrifice, l'animal est en état, sans avoir connu de diarrhée prolongée.
