Lunettes de soleil : vérifier la protection UV avant d'acheter

Catégorie de filtre, marquage CE, norme ISO 12312-1, UV400, verres polarisés : les vérifications à faire avant d'acheter des lunettes de soleil.
Sur la corniche de Dakar, à la plage de Saly ou sur une route du Ferlo en pleine journée, le soleil tape fort presque toute l'année. Les lunettes de soleil se vendent partout, du centre commercial au vendeur ambulant, à des prix qui vont du simple au centuple. Le problème : une paire foncée n'est pas forcément une paire qui protège.
La réponse pratique. Avant de payer, cherchez trois informations sur l'étiquette ou la branche : le marquage CE, la référence à la norme ISO 12312-1 et la catégorie de filtre (2 ou 3 pour un usage courant). Une mention « UV400 » ou « 100 % UV » confirme le filtrage des UVA et UVB. Si aucune de ces indications n'apparaît, considérez la paire comme un accessoire de mode, pas comme une protection.
Pourquoi la teinte ne suffit pas
La protection contre les ultraviolets ne dépend pas de la couleur du verre mais de son matériau et de son traitement. L'Office fédéral suisse de la santé publique le résume dans sa fiche d'information sur les lunettes de soleil : un verre foncé sans filtre UV peut même augmenter la dose reçue, car derrière un verre sombre la pupille se dilate et laisse entrer davantage de rayons.
À long terme, les UVA peuvent atteindre le cristallin et contribuer à son opacification (la cataracte), rappelle le portail public français Santé.fr. Une exposition intense et brève peut aussi provoquer une inflammation passagère de la cornée. Autrement dit, une mauvaise paire n'est pas seulement inconfortable : elle donne une fausse impression de sécurité.
Les catégories de filtre, de 0 à 4
La norme ISO 12312-1 classe les verres selon la part de lumière visible qu'ils laissent passer. D'après la fiche de l'OFSP :
- Catégorie 0 : plus de 80 % de lumière transmise. Confort ou esthétique, ce n'est pas une lunette de soleil.
- Catégorie 1 : 43 à 80 %. Luminosité faible, protection solaire limitée.
- Catégorie 2 : 18 à 43 %. Usage quotidien en ville.
- Catégorie 3 : 8 à 18 %. Forte luminosité : plage, mer, longues heures dehors. C'est souvent le bon choix sous le soleil sénégalais.
- Catégorie 4 : 3 à 8 %. Ensoleillement extrême (mer, désert, haute montagne). Ces verres sont trop sombres pour distinguer correctement les feux de signalisation et sont interdits pour la conduite.
Un pictogramme représentant une voiture barrée signale un modèle à ne pas porter au volant. Et aucune lunette de soleil n'est faite pour conduire de nuit ou au crépuscule.
Ce qu'il faut lire sur l'étiquette
Une paire conforme doit indiquer plusieurs éléments, en général sur une étiquette volante ou à l'intérieur d'une branche :
- Le marquage CE.
- La référence à la norme ISO 12312-1 (l'édition récente est celle de 2022).
- La catégorie du filtre, de 0 à 4.
- Le nom du fabricant ou du distributeur.
- Le cas échéant, la mention UV400 ou 100 % UV : le verre bloque les rayons jusqu'à 400 nanomètres, ce qui couvre les UVA et les UVB.
Un autocollant « UV400 » collé sur le verre ne prouve rien à lui seul : il se fabrique et se colle aussi facilement que le reste. C'est la cohérence de l'ensemble (marque identifiable, étiquette complète, vendeur qui accepte de répondre) qui doit vous rassurer.
Verres polarisés : utiles, mais pas obligatoires
Un verre polarisé filtre la lumière réfléchie par les surfaces horizontales : la mer, la route mouillée, le sable clair, un pare-brise. Résultat, moins d'éblouissement et moins de fatigue visuelle, ce qui plaît aux pêcheurs, aux conducteurs et aux amateurs de plage.
Attention toutefois : la polarisation améliore le confort, elle ne remplace pas le filtre UV. Une paire polarisée sans marquage reste une paire douteuse.
Côté couleur, les verres gris ou bruns respectent le mieux les contrastes. Les verres bleus, roses ou très colorés déforment la perception des couleurs, ce qui peut gêner, notamment pour lire un feu tricolore.
Au marché : repérer une paire douteuse
Les copies de grandes marques circulent largement, sur les étals comme en ligne. Sans laboratoire, impossible de mesurer le filtrage UV à l'œil nu, mais certains signaux doivent alerter :
- aucune étiquette, ni catégorie, ni marquage CE, ni nom de fabricant ;
- un logo de marque connue sur une paire vendue quelques centaines de francs ;
- des verres qui déforment les lignes quand on regarde un cadre de porte en bougeant la tête ;
- des verres rayés dès l'achat, une monture qui se tord au premier essai ;
- un vendeur incapable de dire d'où vient le produit.
Certains opticiens disposent d'un appareil qui mesure la transmission UV d'un verre. Si vous avez un doute sur une paire déjà achetée, demandez simplement si la vérification est possible en magasin. Pour trouver un professionnel, consultez la rubrique Lunetterie de l'annuaire.
Le cas des enfants
Les yeux des enfants laissent passer davantage d'UV jusqu'à la rétine, car leur cristallin est plus clair. L'OFSP rappelle qu'un chapeau seul ne suffit pas.
Pour eux, les mêmes critères s'appliquent : marquage CE, norme, catégorie 3 pour la plage ou les sorties en plein soleil, verres qui couvrent bien les côtés. Préférez une monture souple et résistante, avec un cordon pour les plus petits : une paire qui tombe et se raye sera vite abandonnée.
Évitez les lunettes-jouets vendues sans étiquette.
Lunettes de vue solaires
Si vous portez des verres correcteurs, un opticien peut réaliser des verres teintés à votre correction ou proposer des surlunettes. Demandez-lui de confirmer par écrit la catégorie et le filtrage à 100 % des UV, et comparez les offres comme pour n'importe quel équipement : notre article Devis de lunettes : les points à comparer détaille les lignes à vérifier.
Entretien et remplacement
Une paire mal entretenue perd de son efficacité. Rangez-la dans un étui plutôt que sur le tableau de bord, où la chaleur peut abîmer verres et monture. Nettoyez les verres à l'eau claire et avec un chiffon microfibre : la poussière et le sable de l'harmattan rayent vite si on les essuie à sec avec un pan de boubou. Remplacez les lunettes rayées ou très anciennes.
Et si vos yeux vous gênent ?
Cet article porte sur l'achat, pas sur la santé de vos yeux. Rougeurs, douleurs, baisse de vision, gêne persistante à la lumière : ce sont des raisons de consulter un ophtalmologue, pas de changer de lunettes au hasard. Pour savoir qui fait quoi, lisez Opticien ou ophtalmologue : comprendre les rôles, et trouvez un praticien dans la rubrique Opticien et ophtalmologue.
En résumé
Une bonne paire se reconnaît à son étiquette, pas à sa teinte ni à son logo. Marquage CE, norme ISO 12312-1, catégorie 2 ou 3 au quotidien, jamais de catégorie 4 au volant, et des verres qui couvrent bien les yeux. Quelques secondes de vérification avant de payer valent mieux qu'une paire qui expose davantage qu'elle ne protège.
