Développement informatique et Logiciels

Faire développer une application mobile : cahier des charges et questions au prestataire

Editeur Senpages7 novembre 20261 min de lecture
Faire développer une application mobile : cahier des charges et questions au prestataire

Avant de signer avec une agence ou un freelance, cadrez le besoin, exigez les bonnes réponses et protégez la propriété du code et des données.

Une application pour commander, prendre rendez-vous, suivre des livraisons ou fidéliser des clients : l'idée est souvent claire, le projet beaucoup moins. Sans cadrage écrit, les devis ne sont pas comparables, les délais glissent et l'entreprise découvre trop tard qu'elle ne possède ni le code ni les comptes de publication.

La réponse pratique. Rédigez un cahier des charges court mais précis (objectifs, utilisateurs, fonctions prioritaires, contraintes techniques et budget), envoyez-le à plusieurs prestataires, puis comparez leurs réponses sur des questions concrètes : technologie, propriété du code, hébergement, sécurité des données, recette, maintenance. Le contrat doit reprendre ces réponses par écrit.

Ce que doit contenir le cahier des charges

Le cahier des charges n'a pas besoin de cinquante pages. Il doit permettre à un prestataire de comprendre le besoin sans réunion préalable et de chiffrer le même périmètre que ses concurrents.

Le contexte et les objectifs

Qui êtes-vous, quel problème l'application doit-elle résoudre, comment saurez-vous qu'elle fonctionne ? Un objectif mesurable (réduire les appels pour prendre rendez-vous, permettre la commande en dehors des heures d'ouverture) aide à trancher entre les fonctions.

Les utilisateurs

Clients, livreurs, gestionnaires en back-office : chaque profil a ses écrans. Précisez aussi les téléphones utilisés.

Une grande partie de la clientèle utilise des smartphones Android d'entrée de gamme, avec une connexion parfois instable : une application lourde ou qui exige une connexion permanente sera vite désinstallée.

Indiquez si un mode hors ligne, même partiel, est nécessaire, et dans quelles langues l'interface doit exister.

Les fonctions, classées par priorité

Distinguez l'indispensable de la première version et ce qui peut attendre. Pour chaque fonction, décrivez ce que fait l'utilisateur, pas la technique : « le client choisit un créneau et reçoit une confirmation par SMS » est plus utile que « module de réservation ».

Les contraintes

  • Paiement : faut-il intégrer le mobile money, la carte bancaire, ou les deux ?
  • Connexions avec l'existant : logiciel de caisse, site web, outil de facturation.
  • Plateformes : Android seul au départ, ou Android et iPhone ?
  • Budget indicatif et date souhaitée de mise en ligne.

Exemple fictif : une pharmacie qui veut permettre la réservation de produits pourrait limiter la première version à trois écrans (recherche, réservation, suivi), sur Android uniquement, avec paiement au retrait. Le paiement en ligne et l'iPhone viendraient dans une seconde phase, une fois l'usage confirmé.

Les questions à poser au prestataire

Les réponses à ces questions disent souvent plus que le prix affiché.

  1. Quelle technologie utilisez-vous (application native, ou multiplateforme avec un seul code pour Android et iPhone), et pourquoi ce choix pour notre projet ?
  2. Pouvez-vous montrer deux ou trois applications publiées que vous avez réalisées, et nous mettre en contact avec ces clients ?
  3. À qui appartiendront le code source, les maquettes et la base de données ? Le code nous sera-t-il remis à chaque étape ?
  4. Sous quel compte l'application sera-t-elle publiée sur Google Play et l'App Store ? Il est préférable qu'elle le soit sous le compte développeur de votre entreprise, et non sous celui du prestataire.
  5. Où seront hébergés le serveur et les données, au nom de qui, et à quel coût mensuel après la livraison ?
  6. Comment se déroulent les tests et la recette (la phase où vous validez que tout fonctionne avant de payer le solde) ?
  7. Que comprend la maintenance : correctifs, mises à jour imposées par les nouvelles versions d'Android et d'iOS, sauvegardes, délai de réponse en cas de panne ?
  8. Comment est découpé le paiement, et à quels livrables correspond chaque tranche ?

Données personnelles et sécurité

Dès qu'une application collecte des noms, des numéros de téléphone ou des adresses, elle traite des données personnelles. Au Sénégal, la loi n° 2008-12 du 25 janvier 2008 encadre ces traitements, sous le contrôle de la Commission de protection des données personnelles (CDP), qui rappelle que tout traitement de données à caractère personnel doit faire l'objet d'une formalité préalable. Une révision de ce cadre est en discussion depuis plusieurs années : vérifiez auprès de la CDP les formalités en vigueur au moment du lancement. Demandez au prestataire comment il prévoit le recueil du consentement, la limitation des données collectées et leur protection.

Côté technique, la liste OWASP Mobile Top 10, référence internationale sur les risques de sécurité des applications mobiles, est une bonne base pour demander comment sont gérés l'authentification, le stockage des données sur le téléphone et les échanges avec le serveur.

Les points à verrouiller dans le contrat

  • Le périmètre fonctionnel, annexé sous forme du cahier des charges validé.
  • La cession des droits sur le code et les éléments graphiques.
  • Le calendrier, avec les livrables intermédiaires.
  • Les conditions de recette et la garantie de correction des anomalies après livraison.
  • La maintenance, chiffrée séparément du développement.
  • La remise des accès : comptes de publication, serveur, nom de domaine, outils tiers.

Le nom de domaine utilisé par l'application et son serveur doit lui aussi être enregistré au nom de votre entreprise ; notre article Nom de domaine .sn ou .com explique comment le choisir.

Trouver et comparer des prestataires

Consultez au moins trois agences ou développeurs indépendants avec le même cahier des charges. Les rubriques Développement informatique et Logiciels et Technologie de l'information de l'annuaire recensent des entreprises du secteur. Un devis nettement plus bas que les autres mérite une question simple : qu'est-ce qui n'a pas été compté ?

Partager cet article